Exceptions au délai de conservation des actions gratuites
Le régime des attributions gratuites d’actions (AGA) prévoit un délai de conservation pendant lequel le bénéficiaire ne peut pas céder ses titres. Toutefois, certaines situations particulières permettent d’y déroger.
1. Le décès du bénéficiaire
Le Code de commerce (art. L.225-197-3) prévoit que seul le décès constitue une exception automatique au délai d’indisponibilité de 2 ans.
- Décès pendant la période d’attribution : Les héritiers peuvent demander l’attribution des titres dans un délai de 6 mois. La plus-value réalisée est imposable chez eux, mais ne relève pas de la succession.
- Décès après la période d’attribution : Les titres entrent dans la succession. Le décès entraîne un transfert de propriété. Le gain d’acquisition est imposé selon les règles de droit commun (déclaration du défunt), tandis que la plus-value de cession est purgée par l’effet du décès.
- Conséquences fiscales pour les héritiers non-résidents : Les règles d’imposition dépendent des conventions fiscales entre la France et le pays de résidence. Le gain d’acquisition est assimilé à un complément de salaire, et le gain de cession à un gain en capital. Si l’activité rémunérée par les titres a été exercée en France, le gain d’acquisition reste imposable en France, même si l’héritier est non-résident.
- Dispense possible par l’AGE : L’assemblée générale extraordinaire peut prévoir une dispense du délai de conservation en cas de décès. Les héritiers peuvent alors céder les actions sans contrainte.
2. L’invalidité du bénéficiaire
L’AGE peut également prévoir des exceptions en cas d’invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie :
- Attribution définitive des actions avant la fin de la période d’acquisition.
- Dispense du délai de conservation, permettant au bénéficiaire de céder ses titres immédiatement.
Le régime des AGA encadre strictement la conservation des titres, mais prévoit des assouplissements dans des situations exceptionnelles : décès ou invalidité lourde. Ces dérogations visent à protéger les bénéficiaires et leurs héritiers, tout en maintenant un cadre fiscal précis.



